Primaire de la droite
ou l'inutilité des primaires



Le 13 décembre 2016.
 

A notre sens les primaires dénaturent le sens de l’élection présidentielle. Mais puisqu’elle a eu lieu, autant en analyser les implications. François Fillon sera donc le candidat de « la droite et du centre », avec tout ce que cela comporte d’imprécision et d’arrangements dont nous ne pouvons pas dire que cela nous plaise beaucoup.

En dépit de cette constatation, le G 21 s’est réuni pour évaluer ce programme.

Le G 21 souhaite voir proposer des objectifs pour la fierté de notre grande nation, pour accroître la responsabilité des citoyens, et promouvoir l’entente entre les nations et les peuples d’Europe. Nous avons noté que deux programmes peuvent être considérés comme disponibles. Le programme du FN pour les élections européennes qui ne devrait pas changer significativement, meme si le courant de Marion Maréchal le Pen souhaiterait d’autres orientations. Il faut néanmoins reconnaître que le Front National pour l’instant, est le seul à considérer que la construction européenne doit respecter les nations.

Nous pensons qu’ à ce jour, le programme de François Fillon, est le plus complet, le plus cohérent, et le seul à vouloir refonder, redynamiser, et réorienter l’ensemble des politiques économiques, sociales, et sociétales, à vouloir réorienter des structures dont la plupart trouvent leur origine au lendemain de la guerre, c’est-à-dire il y a plus de 70 ans. Dans ce cadre-là, nous estimons que François Fillon a parfaitement raison de renverser les perspectives :

  • Ce n’est pas l’Europe qui a créé les conditions de la paix mais la paix qui a permis la construction européenne.
  • Ce n’est pas l’immigration qui a permis le dynamisme économique, mais le dynamisme économique et l’enrichissement du pays qui a engendré une forte immigration.
  • Le libre échange des biens et services a réussi lorsqu’il ne s’agissait que de l’l’européanisation des échanges. En revanche la mondialisation depuis l’intégration de la Chine dans l’OMC, a complètement bouleversé la nature même de ces échanges et en a fait perdre tout l’intérêt.

Dans ce programme, le G 21 trouve trois satisfactions et des interrogations. Ce programme nous paraît à la fois trop complexe, trop précis et peu adaptable, mais aussi trop vague sur les grands sujets. S’il nous paraît porter en lui-même une bonne analyse, à aucun moment il ne se réfère aux conditions de réalisation. S’il nous paraît porter en lui-même une vraie volonté de réorganisation de la société française, à aucun moment il ne fait état d’une vraie ambition pour la France faute de le replacer dans l’environnement international. S’il nous paraît porter l’audace politique d’un rapprochement entre les trois France, à aucun moment il n’a trouvé les mots nécessaires pour toucher le cœur de la nation, et lui permettre de se reprendre.

Ainsi donc nous approuvons l’analyse d’une situation particulièrement difficile dont l’origine est à trouver dans le fonctionnement de notre pays et la conception de ses relations internationales et européennes depuis 40 ans. Cependant nous notons avec satisfaction les points particulièrement importants qui marquent une vraie rupture avec une période où souvent on confondait dans un même salmigondis, les causes et les conséquences, au point de dénoncer celles-ci alors qu’on en chérissait les causes. Voici les trois points, dont nous approuvons le changement de perspective.

  • Ainsi en est-il de ce qu’il est convenu d’appeler notre modèle social. Il avait été bâti au lendemain d’une deuxième guerre mondiale particulièrement meurtrière, et d’une situation dramatique pour la France hantée par sa défaite de 1940 et maintenue sous le carcan politiquement correct communiste, dont nous ne sommes finalement jamais sortis. Ce modèle social particulièrement généreux a connu un réel succès qui a tenu pendant 70 ans (ce qui est assez remarquable pour une organisation) mais qui aujourd’hui connaît ses limites. Sa réussite a été due à deux facteurs : le baby boom de l’après-guerre, et une croissance économique particulièrement soutenue pendant les 30 glorieuses. Ce modèle étant aujourd’hui au dessus de nos moyens, en devient inégalitaire. La proposition de recentrage de ce modèle répond à cette préoccupation. Certes elle est encore incomplète, mais nous soutenons son orientation.
  • La constatation d’un écart grandissant entre la société civile et l’ensemble de l’appareil d’État. Non seulement en termes de salaire durant la vie, les fonctionnaires et les salariés du secteur public ont des avantages spécifiques qui les mettent dans une position très favorable par rapport à la société civile. Tous les candidats depuis Monsieur Giscard d’Estaing se sont fait élire sur des programmes destinés à rassurer la société civile, et à lui promettre de respecter ses choix. Dès leur élection, le président nouvellement élu à fait le contraire de ce qu’il avait promis en matière économique et sociale avec les résultats que l’on sait. En revanche ils n’ont pas eu leur pareil pour fracturer la société française, et vouloir lui faire renoncer à son histoire et à sa volonté. Nous osons espérer que François Fillon tiendra le cap.
  • La prise de conscience que la mondialisation n’est pas heureuse, et qu’elle provoque dans notre pays un choc de pauvreté et un ébranlement inégalitaire.

Pour chacune de ces analyses, le projet de François Fillion est sans doute le plus réaliste, et celui qui assure la meilleure hiérarchie des enjeux. En revanche, et ce sont nos deux interrogations, il n’y a pas d’analyse des conditions du succès, ainsi que de se doter des marges de manœuvre absolument indispensables à la réussite de notre projet collectif.

  • Il est impératif de guérir l’Europe des contraintes monétaire qui la font souffrir inutilement et qui ne sont en rien gage du succès. La monnaie unique entre des pays qui ont des niveaux de productivité différents, engendre des déficits structurels et un endettement croissant pour les moins efficients. Ces divergences sont liées aux structures économiques , mais aussi aux choix de société. Il est tout à fait licite d’accepter de vivre avec une productivité plus faible, mais il est impensable d’en faire supporter le poids à d’autres . Et il faut avoir le courage de dire qu’une politique de transferts entre pays européens ne changera rien.
  • La confiance entre tous les acteurs de notre nation doit être reconstruite. Nous n’avons pas comme les États-Unis et même maintenant l’Europe la culture politique du lobbying, contraire à notre notion de l’intérêt général et au rôle de l’État . La France s’est construite avec un État. Dans le cadre de la construction européenne, cette singularité entre souvent en conflit avec nos partenaires européens.
  • Enfin l’orientation relative à la cohésion nationale est vue sous la seule orientation de la limitation des inégalités, alors que l’identité culturelle ne nous parait pas avoir été suffisamment prise en compte.

Le G 21 proposera prochainement une analyse des actions nécessaires qui devraient être le socle pour pouvoir réaliser un programme quel qu’il soit. D’ambition socialisante ou libérale les candidats seront contraints par le caractère inéluctable des actions à entreprendre. Pour autant que nous supposions que les candidats veulent réellement la grandeur, la puissance, et l’aisance pour notre pays.

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