Logique de guerre avec l’Iran et évolution

SCÉNARIOS

Christian Després

3/9/20262 min read

Depuis le 28 février 2026, le Moyen-Orient s’est embrasé. Si l’Iran est la partie principale au conflit, la partie adverse est plurielle. Certains des protagonistes sont résolument engagés - Etats-Unis et Israël – d’autres le sont par effet collatéral. Potentiellement, le conflit pourrait s’étendre sur une grande partie de la planète. Il est jusqu’alors resté limité à la région Moyen-Orient et son proche voisinage.

Les interrogations sur l’évolution se posent-elles à deux niveaux : celui de la géographie, celui de la durée.

Concernant la géographie, le conflit semble limité par le rayon d’action des missiles de la république islamique. Russie et Chine restent discrètes. Seul Etat distant, la Corée du Nord a proposé de s’engager aux côtés de l’Iran. Sans suites concrètes à ce jour.

Concernant la durée, la très forte intensité du conflit ne permet pas, au seul plan technique (disponibilité des vecteurs d’attaques et de défense) de concevoir que le conflit perdure. Il pourrait néanmoins se « perler », c’est-à-dire subsister en maintenant une situation chroniquement dégradée, mais avec une intensité moyenne faible, ce qui n’exclut pas des retours ponctuels à une intensité élevée.

Une telle situation se révélerait ruineuse pour les pétromonarchies, mais n’induirait qu’un trouble modéré au niveau planétaire, l’économie mondiale parvenant à se réorganiser avec d’autres hydrocarbures que ceux du Golfe ou par la stimulation du développement des autres sources d’énergie, notamment le nucléaire.

Reste à envisager une évolution politique de la situation, avec la chute du régime iranien. Cette perspective, que beaucoup chérissent car économe en temps de conflit en pertes humaines et destructions, et par le gain politique qu’elle pourrait procurer aux adversaires des Mollahs, semble chimérique. Du moins à court terme. Les révolutions ne se produisent jamais au moment où on les attend et un conflit extérieur a souvent pour effet de dissoudre les conflits intérieurs dans une union nationale temporaire, fragile mais effective.

En revanche, les chocs provoqués par les conflits extérieurs finissent par fracturer le pays concerné. C’est le cas de la France en 1870-1871. Les événements révolutionnaires dits « Commune de Paris », sont recensés vers le 18 mars 1871, soit un mois après la fin des hostilités marquées par l’armistice général du 15 février.

Sans trop de doute, on peut pronostiquer un changement de régime en Iran. Mais il ne faut pas s’attendre à ce que les combats actuels le provoquent. Après un épuisement que l’intensité de ces combats va produire, s’ensuivra en Iran une période trouble, où se mêleront un besoin de paix et un besoin de changement. Ce dernier s’exprimera en fonction des contradictions qui demeureront entre le peuple et ses dirigeants, par la réforme ou la violence.