Présidentielles 2027 – Le scénario tripolaire

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Christian Després

8/24/20262 min read

L’amélioration de la situation judiciaire de la présidente du RN a redonné vigueur au scénario fondé sur une lutte binaire entre les extrêmes. Mais les parties jouées d’avance ne font pas l’affaire de l’électorat qui a à cœur de rappeler que c’est lui le maître du jeu ! Sans compter que les juges ont aussi en main quelques atouts maitres… 

Menacée de non-éligibilité, la présidente du RN se consolait derrière la candidature possible de son numéro 2. Mais la jeunesse de ce leader de substitution, après le double quinquennat d’un président à la maturité inaccomplie, le rendait peu crédible pour la plus haute responsabilité. A droite, d’autres commençaient à affirmer des volontés d’ouverture de moins en moins ambiguës à l’endroit de ce parti « infréquentable ».

Même si la situation judiciaire de Marine Le Pen n’est pas définitivement décantée, elle est parvenue à réoccuper la plénitude de la place de son parti. Ceux qui - du centre droit à la droite dure - lorgnaient sur un effritement de ses voix doivent trouver d’autres thèmes mobilisateurs.

Leur tâche est compliquée du fait de leur visibilité blafarde. Car comme l’analysait récemment Pierre Lellouche, Macron a pris soin de ne s’entourer que de chefs de gouvernement au charisme relatif, ou usés. Le choix du jouvenceau Attal a été caricatural.

Pour d’autres raisons, la gauche connaît un problème comparable de leadership : politiquement balkanisée, elle n’a guère de cadres expérimentés en réserve. Les maires des grandes villes qui pourraient jouer ce rôle ne rayonnent pas au-delà de leur territoire, comme Hidalgo en a fait la fâcheuse expérience, ou alors ils désorientent comme à Saint-Denis. A gauche, la seule personnalité saillante resterait son « lider maximo »

Sommes-nous donc condamnés au bras de fer RN-LFI ? La question se transporte alors sur le plan de l’arithmétique électorale : franchir la barre du second tour.

Rappelons les résultats des précédents premiers tours, du moins leurs données significatives, car si disserter sur les reports de Lassalle, Roussel, Dupont-Aignan peut avoir du sens dans un contexte bipolarisé, cela n’a plus rien d’évident dans un contexte tripolarisé comme on peut les lire dans les chiffres suivants :

Ce tableau donne en effet à penser que si deux candidats pointent régulièrement en tête, leur croissance semble bridée :

  • l’une par une culture de rejet que l’on ancre encore dans certains moments sombres de l’histoire nationale ;

  • l’autre par une culture de rejet tout aussi opérante et qui se nourrit, elle, de moments sombres extra-nationaux.

Très probablement, Le Pen et Mélenchon vont parvenir, par prolongement par continuité, à franchir la barre des 25% qui semble être un seul qualifiant. L’incertitude porte alors sur l’héritage encore non-affecté du potentiel électoral que mobilisait Macron.

D’où l’hypothèse d’un scénario tripolaire. Et qui donc pour porter pareille option ? Neuf mois nous permettent d’espérer cette gestation. La réussite, ou ne non-échec, de Lecornu nous permettent de penser que, sinon lui, une personnalité à l’épaisseur insoupçonnée, saura transformer les cultures de rejet en une culture de confiance.

Un coup de théâtre pourrait se produire le 30 novembre 2026 si les juges de l’affaire libyenne font preuves d’une mansuétude à l’égard de Nicolas Sarkozy comparable à celle dont les juges de la cour d’Appel de Paris ont fait bénéficier Marine Le Pen par leur arrêt du 7 juillet 2026.

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